PNJ : le barde monstrueux

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Qui a dit qu’on avait besoin de doigté pour jouer d’un instrument à cordes ?


Admirez les proportions, la pose et les couleurs de ce charmant barde. Le haut du corps tel un âne, le bas tel un félin aux pattes garnies de coussinets… Et une queue qui rappelle celle d’un coq ou autre volatile aux fiers atours. Il tient un instrument à cordes frottés, et de toute manière il ne pourrait point les pincer même s’il le voulait.

Le barde Eselhahn. De rouge vêtu et portant une sacoche à sa ceinture, par le devant, ce qui était à la mode quelques années plus tôt.

L’on traite de monstrueux car il n’a point figure d’homme, ni quoi que ce soit d’homme, et mélange allègrement parts de différents animaux. Mais au-delà de l’étonnement légitime que l’on peut éprouver à le rencontrer, il reste fort agréable à observer, et peut-être un peu moins à écouter.

Non pas tant à écouter parler, bien que sa tête d’âne lui donne un accent et des intonations peu communes. Mais c’est à l’entendre jouer de ses instruments que l’on se rappelle aisément combien il est bon que les estres humains et leurs proches apparentés soient plus souvent aux commandes de tels outils sonores.

Le fer sur les boyaux

Le manque de doigts ne facilite pas la subtilité, et en cela, malgré sa dextre utilisation de ses appendices limités, notre barde a quelques difficultés à pratiquer les répertoires classiques. Qu’à cela ne tiesnne, en pratiquant des grattements vigoureux de ses cordes, il obtient une musique puissante et énergique qui fait fuir vieillards mais amuse jeunes gents.

Pour s’aider dans ce nouveau genre que la nature et son esprit débrouillard lui ont imposé, ce barde s’est fait confectionner par quelque forgeron de petits artifices de métal qu’il pose sur son instrument ou sur ses sabots, suivant l’outil. Il s’aide en outre volontiers de sa gueule, qui elle-même peut être garnie d’une espèce de guimbarde qu’il peut frotter contre son luth ou contre les cordes de ce dernier afin d’en compléter ou varier les sonorités.

Tout cela relève d’une cacophonie organisée et toute de fer clinquante, si bien que certains jeunes enfants ont qualifié son œuvre de « musique de métal » et cela fait bien rire les moqueurs. Pourtant les enfants ne se moquaient point. En tout cas, pas tous.

Parfois déçu d’être pris pour un affabulateur et un faiseur de bruits, le barde affirme être parvenu à adapter à ses moyens l’œuvre musicale méconnue d’un certain prêtre Judas, ainsi que celle d’un autre ecclésiastique, un moine dont la robe étoit d’un sombre et profond violet à nul autre pareil. Tout ceci est fort difficile à vérifier car les bardes les plus connus ne jouent point ces répertoires. Mais peut-être dit-il vrai.

Quelques écouteurs prudents affirment néanmoins que certaines de ces musiques rappellent étrangement des airs de noir sabbats. Mais lorsque l’on leur demande d’où ils connoissent des airs de sabbats, ils se mettent à bafouiller et donnent une pièce au musicien avant de disparaître. Le mystère reste donc entier.

Les pièces ou la potence

Dans certains endroits, ce barde peut se faire passer pour quelque humain fort bien déguisé. On lui donne des pièces pour sa peine.

En d’autres, il peut apparaître dans sa nature et être compris comme un don des forêts, un enchantement à prendre tel quel et qui mérite d’être conté. Il est alors bien gâté et on se bat pour lui offrir gîte et couvert. Pourtant, il ne peut jamais rester bien longtemps car l’émerveillement laisse vite à la place à la routine mais surtout au doute et aux craintes.

Enfin, en de nombreuses régions, il est fort dangereux d’aller avec une tête d’âne, et notre barde se doit soigneusement les éviter. Il manqua un soir de terminer au bûcher pour démonerie, et un jour de simplement terminer en saucisse, lui qui ne supporte pas l’odeur de l’ail.


Notes pour Warhammer

Si vous utilisez ce personnage dans Warhammer, il paraît évident qu’il s’agira d’un pauvre hère ayant subi de nombreuses mutations du chaos. Dès lors, comme souvent dans ces cas-là, plusieurs interprétations restent possibles :

  • Est-ce un malchanceux ou un imprudent qui ne veut blesser personne, simplement faire son métier, et fuit souvent pour sauver sa peau ?
  • Est-ce un opportuniste qui au prix de quelques pactes odieux a gagné des capacités exceptionnelles, a dû perdre une grande partie de son humanité ? Si tel est le cas, quel pouvoir a-t-il bien pu obtenir ? Des muscles surpuissants ? La capacité de pousser un hurlement terrifiant ? Une malédiction protectrice qui fait que toute personne lui faisant du mal se voit maudite par Tzeentch et subit à son tour de petites mutations ?
  • Est-ce un véritable être malfaisant qui, tel le joueur de flûte de Hamelin, cherche à fasciner de jeunes gens afin de les emmener dans la forêt ? Fait-il cela pour leur donner la mort du sommet d’une falaise ou dans une rivière ? Ou souhaite-t-il plutôt constituer un garde-manger pour lui et ses éventuels compagnons mutants voire homme-bêtes ?
  • Tzeentch, dieu du changement, est un maître assez naturel de ce barde. Si tel est le cas pour votre version, peut-être cette « musique de métal » a des propriétés magiques engendrant la folie chez ses auditeurs, voire une confusion instantanée qui pourrait aller jusqu’à être utilisée en plein combat et pousser les victimes à agresser n’importe qui sous l’emprise d’une douleur incompréhensible.

1 commentaire sur “PNJ : le barde monstrueux

  1. Sy on me laissoit choisir ma persona, c’est asseurement celle-cy que ie prendroit, car mesme sy i’estoit moqué pour estre mal-adextre au ieu du luth par les enfans mauvaiz, i’aurois tousjourz loisir d’abattre les miens sabotz sur leurs gresles faces.

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