Ce qui, pour ma part, fut aussi la première fois que je menais un jeu BORG. Petit retour d’expérience !
Le week-end des 22 et 23 novembre 2025 se tint la troisième édition du festival (convention si vous voulez) de jeu de rôle Terra Iridis. Organisé par l’association montpellieraine Terra Ludis, cet évènement proposait de nombreuses parties sur des jeux très variés. Et donc un peu de BORG-like, DËSK BORG, des aventures de bureau.
Au passage, depuis le dernier billet à ce sujet, on m’a fait remonter une information intéressante : il existe déjà un jeu BORG sur l’univers professionnel ! Je viens de vous mentir, il en existe déjà DEUX ! Ils s’appellent MÖRK ORG (un choix de nom peu judicieux car tout d’abord j’ai cru lire tout simplement MÖRK BORG, je pense que ça doit entraîner pas mal de confusion) et CORP BORG (un nom plus adéquat, je disais, même si ça manque de tréma et que ça sonne un peu cyberpunk).
C’est en anglais, c’est très joli, ça a l’air très bien j’en conviens, mais je vais continuer à bosser sur ma petite version parce que :
- ce sera en français ;
- ça comportera des références françaises (Messages à caractères informatifs, nous voilà) ;
- les deux autres jeux font une véritable fusion entre MÖRK et leur mouture, avec un aspect démoniaque qui ne m’intéresse pas trop dans ce contexte, je préfère rester plus proche du « réel » (même si ça restera très parodique, très exagéré, et surréaliste sur bien des aspects) ;
- je n’ai pas vérifié mais je ne pense pas que ces versions proposent, durant la création de perso, la simulation d’un entretien d’embauche (à voir tout de même, vous les avez lus ?) ;
- il y a plein de jeux medfan, on peut bien avoir quelques jeux corpofan ;
- j’en ai envie.
Ce n’est pas tout, en discutant avec Stephan de Studio Deadcrows, j’ai appris qu’ils bossaient sur un jeu touchant aussi à ces univers (avec notamment comme inspiration la série Loki, que je n’ai pas encore vue en dépit de son excellente réputation, je remédierai à ça, surtout que je ne savais pas que ça parlait de bureaux).
Il faut dire aussi que côté jeux vidéos, on a vu plusieurs œuvres sortir sur ces thèmes aussi, tout ça a le vent en poupe et tant mieux ! Je ne pense pas que ça remplacera jamais le medfan ou le space opera, mais tant que ça trouve son petit public… C’est toujours un bon moyen de vivre une catharsis concernant les pratiques managériales délétères. Je dis ça tout en ayant eu la chance de ne pas souffrir gravement de ces dérives. J’ai peut-être frôlé le burnout il y a une quinzaine d’années tout de même. J’ai fui à temps, probablement. J’y reviendrai, peut-être. Quoiqu’il en soit, le sujet m’intéresse, il me semble à la fois important et « amusant » (ce type de recul me paraît salutaire).
La préparation de la partie
Je ne me suis pas autant préparé que je l’aurais voulu, mais attendre de se sentir 100% prêt, c’est aussi une source fréquente de non-jeu. J’ai préparé quelques tables aléatoires bien sûr, et puis un tout petit embryon d’objectif. Le créneau de jeu était de 2 heures, création de perso comprise, donc bon… pas de quoi se lancer dans de l’épique non plus.
La création des personnages
Dans un mode opératoire calqué sur MÖRK, on tirait des dés pour déterminer tout ça. Je me suis arrangé pour qu’on tire tous les dés de la bourse rôliste. On lance tout d’un coup et bim, il reste juste à aller voir toutes les tables proposées, ça nous indique notre métier, notre matériel de départ, etc. Il y a même une proposition de caractère pour le personnage (profil RH), on s’en sert ou pas, au choix.
On aura tout de même eu, parmi les quatre PJ, un développeur informatique qui a démarre sans ordinateur mais avec un vieux téléphone à clapet. Bah, voilà, du coup il était pas très efficace, mais c’est la vie.
Ah oui, et donc, comme je le mentionnais rapidement plus haut, chaque création de personnage se concluait par une parodie d’entretien d’embauche. Toute la tablée posait alors des questions reloues à la personne en train de finaliser son PJ. C’était marrant et cathartique 🙂
Les premières minutes
Ce que BORG m’inspire, c’est du rapide, du bourrin, du débile. Je n’ai pas très envie de faire un scénario traditionnel qui serait juste un peu « gothique, drôle et excessif » (interprétation fréquente de MÖRK BORG, que je peux comprendre, mais à ce compte-là je reste sur Warhammer). Pour autant, proposer un univers nouveau en essayant de garder quelques surprises, ce n’est pas forcément facile. Je n’ai pas distribué assez d’infos, je pense, comme le fait que dans cet univers il n’existe que les bureaux (à la manière des « backrooms ») et qu’il n’y a pas d’enfants, pas de maisons, etc. Il n’y a que des adultes, qui mangent et dorment sur place, au bureau.
L’histoire a démarré dans un bureau open space partagé par les PJ, au centre duquel se trouvait le bureau de leur boss, aux vitres fumées, capable de voir tout autour à la manière d’un panoptique. La boss leur a confié une tâche à accomplir en commun pour souder leur équipe (premier jour pour tout le monde).
Les minutes suivantes furent l’occasion de tester les distributeurs automatiques de nourriture (tables aléatoires, bien sûr) mais aussi de passer, dans un long couloir, devant une porte entrouverte. Ce qui suscite obligatoirement un jet de dé. On tire 1d4, si on fait 1 le groupe est invité de force à une réunion !!
La suite et la fin de partie
L’aspect apocalyptique du premier BORG est présent. Une annonce faite à tout le bureau par haut-parleur indique qu’une IA va remplacer l’essentiel de la force de travail, et qu’un licenciement massif approche. Les PJ vont tenter d’accomplir la mission confiée par leur boss, tout en essayant de gérer cette apocalypse en approche…
Un PJ s’est pris un coup de compas asséné par un programmeur dont il squattait l’ordinateur.
La fin des deux heures approchant, la fin a un peu été expédiée, mais l’honneur est sauf, les PJ ont bien travaillé 😀
Debriefing
Il reste du travail pour faire de DESK BÖRG quelque chose de facile à exploiter. Je me sentais souvent surchargé car si les tables aléatoires permettent de faciliter l’improvisation sur certains points, elles peuvent aussi la compliquer en raison de la multiplicité de pistes qu’elles peuvent engendrer.
Et puis ce n’est pas si facile de transformer un univers de bureau en espace de jeu pour des gens habitués à later du monstre et vivre des aventures épiques. La tablée était réceptive, et ça a tout de même bien fonctionné, mais il faudra approfondir le tout pour que la recette marche avec un maximum de public potentiel (bien sûr, il y aura toujours des gens qui ne voudront pas d’un tel univers, c’est normal :)).
La création de perso a plu (notamment l’entretien d’embauche), ainsi que la vision donjonesque des bureaux : sans plan, juste avec des descriptions de longs couloirs, grands ou petits bureaux, etc, sans qu’on sache jamais exactement où on est. C’était tout de même un peu « trop » vague et une répartition des grands services « par étage » a été proposée, ce qui me semble pertinent !
Il y a aussi eu des discussions sur les règles en elle-même, avec les points de vie, points de stress, etc. De bonnes suggestions étaient là, mais chacun emporte son lot d’avantage et inconvénient… à approfondir !
Merci en tout cas à cette première tablée, ce fut un plaisir 🙂
Feldo