Fractal : textes RP de la bêta

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Je vais poster ici quelques textes roleplay datant des premières versions bêta du jeu fractal. Si vous ne savez pas de quoi il s’agit, vous pouvez vous réferer au billet précédent consacré aux jpems et à Fractal.

Je parlais de 2001, mais en fait, d’après le forum que nous utilisions à l’époque, nos premiers textes RP datent de décembre 2000 ! Voilà qui ne nous rajeunit pas.

Pour contextualiser un peu la chose, je vais commencer par un texte « résumant » la vie de la communauté après quelques mois de jeu. Fractal est difficile, de nombreux joueurs meurent seuls dans le désert. D’autres fondent des communautés qui ne tiennent pas. La cité d’Utopia que j’avais fondé avec Yaz Kotka n’est jamais devenue une mégapole incontournable, mais elle a protégé ses habitants pendant un bon moment, malgré les raids de pillards et les morsures du désert.

Voici donc un résumé de la situation après un temps indéterminé :

« La Nouvelle République Libre avait été la première tentative de constitution d’une nouvelle société organisée. Son fondateur, aujourd’hui disparu aussi bien de corps que de nom, aura toutefois eu le mérite d’avoir espéré jusqu’au bout. Le désert n’a pas arrangé les choses: personne n’a vraisemblablement croisé la route de cet idéaliste.
Personne, pas exactement… mais en tout cas, pour ma part… trop occupé à gérer ma propre survie dans ma cabane de tôle, je n’étais alors pas prêt pour une vie en communauté. En tout cas, l’idée ne m’enchantait guère.
Jusqu’à l’arrivée de Yaz Kotka.
Sacré bout de femme… Une bosseuse, entourée d’un bon paquet de chats (toujours utile en cas de famine) et possédant quelques têtes de bétail. Rachitiques, ses bêtes, mais elles valaient toujours mieux que mes pitoyables salades…
Une telle rencontre a complètement bouleversé mes projets… Il faut bien avouer que ma carrière de militaire, mon accident invalidant et pour finir ce terrible apocalypse avaient fait de moi un vieux macho pessimiste et plutôt grognon.
Mais le fait d’apercevoir une femme dans ce fichu désert, bon sang… J’espère que Yaz ne m’en voudra pas, mais je me suis dit à ce moment là : « Mon vieux, si des femmes ont pu survivre à ce grand boum, c’est que ça devait pas être si terrible. On va en retrouver à la pelle, des survivants! ».

C’est à partir de ce moment là que j’ai repris espoir, et que j’ai décidé de fonder un groupe de survie. Deux au départ, nous fûmes rapidement rejoints par d’autres survivants en quête d’entraide.
Ce fut un texte de Platon qui inspira le nom de cette cité, Utopia.
Le type de gouvernement préconisé par ce philosophe est loin d’être applicable à la lettre dans notre environnement, mais après tout, je trouve qu’il y a quelque chose d’excitant dans le fait de repartir à zéro de cette façon… ‘retour à l’antiquité, mais cette fois on prend un chemin différent, ce qui était utopie sera réalité, peut-être cela nous évitera-t-il de refaire le même parcours débile que nos prédécesseurs’. Sans doute stupide, mais tellement amusant.

Bientôt, il fallut se rendre à l’évidence… il y avait bien plus de survivants que ce que j’imaginais. Une sorte de mafia a fini par se former, des gars sans scrupules qui ne désiraient survivre que grâce au travail des autres: r.a.c.k.e.t
Impossible pour Utopia de céder à ce type de chantage. Heureusement, nous avons rapidement eu la possibilité de renforcer le groupe des Rêveurs des Sables, groupe qui assure aujourd’hui encore la sécurité de la communauté. Avec cette défense largement dissuasive à l’époque, nous avons eu le temps de voir disparaître cette mafia sans jamais avoir à en subir les attaques.

C’est à peu près à cette époque que Phalompe est apparue. Puis naquirent Independancia et la Nouvelle Atlantis. Trois cités qui ont mis un certain temps à se développer, et dont le statut à fortement évolué ces derniers temps… Phalompe et Atlantis sont devenues de riches communautés, solides et utiles à la restauration de notre civilisation. Independancia, quant à elle, se meurt. Ces guerriers n’ont semble-t-il pas fait le bon choix. Est-il besoin d’engager des mercenaires lorsque le désert est notre meilleure défense?
A l’heure actuelle, tous ceux qui ne savent pas exploiter les ressources de notre terre meurtrie vivent des moments bien difficiles. Si le pillage, les meurtres et autre vols ont suffi à nourrir les bandits pendant un temps, il en va tout autrement à présent. L’été s’est montré si cruel que les raids de pillards ont été quasi impossibles, réduisant les bandits à épuiser leurs réserves en espérant voir une caravane passer auprès d’eux.

Pour l’instant, Utopia se porte bien. Puisse le désert se montrer clément et nous permettre de prospérer dans ce monde en pleine renaissance. »

Extrait de « Mémoires d’utopien »
— Jurgen Tayls

 

Les choses ne  passaient pas si mal, donc. J’enchaîne avec un texte antérieur à celui que nous venons de lire. Le texte (intitulé « Une dernière balle ») introduisant mon personnage sur les forums du jeu :

Lassé de scruter l’horizon dans la crainte d’y voir poindre une bande de pillards, Jurgen termina sa journée en puisant encore quelques litres d’eau dans son puits avant de rentrer dans sa cabane de tôle…

Sur ses étagères trônaient ses plus belles trouvailles. Quelques disques qu’il ne pouvait pas écouter, deux fleurs synthétiques un peu brûlées mais toujours colorées, une dizaine de bibelots divers et plus ou moins bien rafistolés, et un jeu de 53 cartes…

Il s’assit et commença à lire les quelques pages qu’il avait pu récupérer sur de vieux livres calcinés, et pensait aux jours anciens… A l’approche de ses cinquante ans, plus que jamais il repensait à sa jeunesse tumultueuse, officier dans une armée qui n’est plus. A présent, il n’est rien de plus qu’un animal, obligé de passer le plus clair de son temps à trouver de quoi subsister… en espérant ne pas être découvert par une troupe de jeunes fous furieux en quête de nourriture facile.

Oh… bien sûr il n’aurait pas à souffrir bien longtemps… Après tout, depuis cette terrible blessure qui l’avait rendu boiteux, il n’était plus le guerrier de ses jeunes années. Et de toute façon, l’âge ne l’aidait en rien, et la dernière balle de son revolver ne sifflerait probablement que dans l’air, sans rien atteindre de plus que la poussière…

De plus, il était si seul…

Jurgen s’apprêtait à se coucher quand un bruit qu’il connaissait bien se fit entendre. Cela venait sans doute encore du potager, comme d’habitude…
Il se saisit d’une barre de métal posée contre sa table et sortit, s’approchant de ses précieux légumes. L’obscurité commençait à être profonde, mais il en était certain, ce sale chien était revenu.
Comme d’habitude, Jurgen courut tant bien que mal vers la bête en brandissant son ‘arme’ et en criant de toute la force de ses poumons. Parfois, cela suffisait, d’autres fois, non…
Bavant et grognant, le chien se rua vers son assaillant et reçut un puissant coup sur le crâne, ce qui l’étourdit et le fit reculer. Jurgen s’apprêta alors a rentrer chez lui. Après tout, si les cris ne suffisaient pas toujours, un bon coup d’acier trempé sur la tête était à chaque fois suffisant pour faire fuir le voleur…
Mais le voleur avait faim…
D’un bond extraordinaire, le chien s’agrippa à la gorge de l’homme qui, lâchant sa barre, ne parvint pas à desserrer l’étreinte, et commença à suffoquer.
Quelques mouvements rapides et incertains dans une poche intérieure de son gilet, puis un bruit de coup de feu, suivi d’un corps tombant raide mort.
Portant la main gauche à sa blessure au cou, Jurgen jeta son revolver dans sa cabane à travers une fenêtre toute proche…
« Même plus de roulette russe… Si au moins je pouvais trouver un valet de cœur… »

Il rentra et tira d’un grand tiroir quelques désinfectants et des pansements, qu’il s’appliqua aussitôt, puis se plongea dans son lit après avoir rangé sa barre d’acier sous ce qui semblait avoir été un matelas…

C'était le postman de Kevin Costner que je prenais pour avatar. Ben ouais.
C’était le postman de Kevin Costner que je prenais pour avatar. Ben ouais.

J’espérais alors susciter des réponses, des envies de création de communauté ! Et ça a marché ! Yaz m’a rejoint, puis Al Xandar, Jeice (que je connaissais un poil IRL et avec qui j’avais aussi joué à Ultima Online sur Oniris), Doc Erwan, Junker…
Figurez-vous que le forum stockant ces discussions est toujours en ligne après tout ce temps, voici la page concernant l’échange premier (avec aussi, si je ne me trompe pas, le premier texte RP de Junker, alias Cavey) :
http://www.network54.com/Forum/90268/thread/975412892/last-978641138/Les+Membres

Il y a un autre fil de discussion, la chronologie n’est pas évidente à démêler entre les deux. Ici, rencontre entre les fondateurs Yaz et Jurgen, arrivée de Smilego et quelques autres textes de Junker :
http://www.network54.com/Forum/90268/thread/975412878/last-979901570/Histoire+de+la+communaut%C3%A9

Comme je n’ai pas une confiance absolue en network54.com et que tout pourrait disparaître à tout moment, je vais reporter ici les trois textes de Junker qu’on retrouve sur le forum.

Le tout premier :

Il y a des jours comme ça.

J’étais bien emmerdé maintenant ; avec ce minable, affalé par terre, qui m’avait dégueulassé mes bottes.
J’étais assis sur la carcasse d’une vielle Plymouth, faisant des figures dans le liquide visqueux avec le bout de ma batte de base-ball en aluminium.
je me rappel que j’étais plutôt doué au base-ball. si, si vraiment : une équipe universitaire avait bien failli me prendre a l’essai avant… avant… avant tout ça.
C’était une autre époque; maintenant ma seule préoccupation était de trouver des bandages pour mes pieds meurtris. presque 3 km a courir après ce guignol sur des cailloux et du sable brûlant :
« Tu fais moins le malin, pas vrai! » lui lançais-je soudain. Parfois, mes réactions me surprenaient moi même.
Je fus également très surpris de la fragilité de son crâne lorsque ma batte s’abattit dessus. Tiens : j’ai soudain réalisé que c’était la première fois que je tuais quelqu’un… sans doute pas la dernière : quand un type est capable de vous assommer pour vous piquer vos bottes, c’est que vraiment la situation devient critique. Surtout que lorsque je l’ai surpris par derrière, ce pauvre type était en train de faire son repas du cuir de mes godasses ! Des boots à 95$ ! Finalement, il l’a bien mérité son coup de batte !
Enfilant la seule botte gauche récupérable, je l’ai laisse là, baignant dans son sang, et j’ai repris ma route:
« La prochaine fois : assures toi que je sois mort avant de vouloir me piquer mes bottes. »

 

Un texte postérieur (signé Ramis Junker pour être exact), rédigé une fois la vie en communauté installée :

C’était une de ces soirées interminables dont Jurgen avait le secret. Toute la communauté d’Utopia était réunie et écoutait pieusement autour d’un feu de grands débats philosophiques sur l’évolution de leur présence ici.
Ridicule… mais obligatoire.

Jurgen, sur son estrade parlait de projet de construction et de promesse d’avenir. La Mafia était tout près, les réserves étaient à zéro, les bêtes de Yaz Kotka étaient toutes malades, certains d’entre nous étaient de véritables débiles profond… mais il continuait, confiant dans notre potentiel et dans nos chances.
« Encore un vieux au pouvoir. » pensais-je tout bas.  » A croire que l’humanité refera toujours les mêmes erreurs. »
Moi, je ne l’écoutais plus. Assis sur une table, un pied nonchalant sur le bord, je mâchonnais un brin d’herbe. Je passais le temps en détaillant soigneusement le corps des deux ‘nouvelles’ de la communautés. Yaz Kotka, inséparable de son chat, et la jeune Alana, toutes les deux régulièrement courtisées par la majorité de la communauté. Je soupçonnais même une relation entre Yaz et Jurgen.

« Franchement, qu’est ce qu’il t’a pris? » fit Jurgen.
Tout le monde avait les yeux braqués sur moi.
« Quoi? Euh… pardon. » Dis-je, tiré de mes rêveries.
Jurgen soupira, et me lança:
« La prochaine fois, il vaudrait mieux avertir avant d’attaquer quelqu’un, imagine si j’étais en train de me la jouer diplomate avec lui. D’ailleurs il avait fait une demande pour rejoindre la communauté. »
Crachant mon brin d’herbe, j’ai aussitôt contre attaqué :
« Pardonnez-moi, ô grand chef, mais tu me fais la morale, alors tu étais bien content que je te refile ce que j’ai trouvé sur lui ! Ce Wampa était de toute façon trop faible pour survive ici… et puis il avait trop de matos pour que je laisse passer cette occasion. »
Denis La Source s’avança alors:
« Ah oui? Et qu’est ce que il avait de si intéressant pour mériter le fait de nous faire passer pour l’équivalent de la Mafia ? »
Arborant un large sourire, j’ai bondi sur le sol poussiéreux en disant, fendu d’un large sourire :
« Bougez pas… »

Après quelques minutes, je revins en poussant un vielle charrue cagneuse. Sur cette charrue se trouvait un amas de pièces mécaniques noires.
« C’est quoi ce truc ? » Demanda Yaz Kotka en prenant un de ces chats sur son épaule.
« Ça, chérie, c’est un bijou. Une merveille tout droit sortie de la glorieuse industrie américaine. Ça, c’est un V8 Chevrolet de 5 litres 8 avec 4 soupapes par piston, un arbre en titane et un carburateur SunTrack de chez Shelby. Doit pouvoir passer de 0 à 100 en 5 secondes maxi ! » Dis je tout fièrement en passant une caresse presque sensuelle sur le distributeur.
« Ridicule. » Fit Al Xandar, le technicien du groupe qui était déjà en train d’examiner MA machine. » Même si trouver ou distiller de l’huile devrait être faisable, on arrivera jamais à trouver de l’essence. »
« Mec : t’as pas écouté ce que j’ai dit : c’est un moteur de Chevrolet: bien réglé, il fonctionnera avec de la bière ! »
« Et les bougies? Il n’y a pas de bougie ! Ou compte tu en trouver ? » Contre-attaqua Al Xandar.

Je ne me suis même pas fatigué à répondre, me contentant de lui faire un large sourire. Le chien fou : voilà quel nom ils me donnaient lorsque j’avais le dos tourné…
Jurgen me défia du regard, mais je n’ai même pas cherché l’affrontement : je savais que pour l’instant ils avaient trop besoin de moi.

 

Et le dernier texte de Junker que j’ai pu trouver :

Trois-pattes apparut enfin dans un coin isolé d’Utopia…

Les coyotes, tout comme les rats, avaient fait le siège de notre communauté depuis déjà bien 10 jours. Mais contrairement aux rongeurs, ces meutes se laissaient voir à la nuit tombée.
Yaz kotka détestait ces animaux. Elle leur attribue la disparition de l’un de ces chats. Il était impressionnant de voir les ratissages et les véritables petites batailles rangées qu’ils livraient aux rats parfois aussi gros qu’eux ! Mais que pouvaient t-ils contre des chacals ?
Des chiens ! Voilà ce qu’il nous aurait fallu ! 3 ou 4 bergers allemands auraient suffit a chasser ces porteurs de maladies et ces pilleurs de réserves.

Le coyote m’observait de loin, comme d’habitude, pour être sûr que je sois bien seul. Il avait déjà compris à quel point les pierres jetées par les humains pouvaient faire mal.
J’avais lu quelque part, que certains animaux étaient capable de se ronger une patte pour se libérer d’un piège. C’est ce qu’il avait du arriver a ce pauvre trois-pattes, qui était devenu, tout naturellement, le souffre douleur de sa meute. Il serait sans doute mort, si je ne lui donnais pas un peu de mon repas. Si yaz apprenait ça, c’est moi qui serait sans doute mort!

Trois-pattes finit par stopper a deux pas de moi. moi je n’avais pas bougé, j’étais toujours accroupi, lui tendant ce vieux morceau de viande. chaque jour, il s’approchait un peu plus.
Je lui ai alors lancé ce morceau de lard sec. Il s’en empara et déguerpit piteusement, avant que ces ‘compagnons’ ne le lui volent.

Je le regardais, détesté et chassé par tous. Un peu… un peu comme moi.
Voilà : l’être avec lequel je me sentais le plus proche était ce chacal estropié et malade.
Mais aussi pathétique qu’il pouvait paraitre, cet animal avait quelque chose que moi, j’avais déjà perdu. Quelque chose que je m’étais bien promis de toujours garder jalousement. Ce coyote était…
– Junker ? Où es-tu Junker ? lançait dans tout le camp Tyler
– Ouais ouais ça va : j’arrive.
Il venait sans doute me chercher pour continuer le montage de l’enclos pour yaz.
Je me suis donc levé, lançant un regard derrière moi. Trois-pattes avait disparu, me laissant face aux montagnes au nord d’Utopia. quelque chose d’étrange ce passait en moi. quelque chose qui grandissait inlassablement dans mon cœur…
je ressentais le besoin terrible d’aller voir… d’aller voir ce qu’il y avait la bas, derrière ces montagnes… l’envie de parcourir ce pays que… que… que je commençais a aimer !
_ah! tu es la? viens vite: Jurgen, nous cherche.
Je n’ai pas pris la peine de répondre et je l’ai suivit…
Ce que ce chacal avait de plus que moi, c’était : sa Liberté!

Voilà pour ce qui me semble le plus intéressant à rapporter niveau RP, en rapport à cette époque. Pour en voir un peu plus de la vie de notre communauté à cette époque, l’accueil du forum est donc toujours disponible à cette adresse :
http://www.network54.com/Forum/90268

Et la page d’accueil de la communauté :
http://jeggor.free.fr/
Dans la section Bibliothèque on retrouve un récap de l’arbre de construction disponible à l’époque.

 

Je crois que j’ai fait le tour de ce qui me restait de cette époque.
Reste à voir où ira Fractal pour les 15 prochaines années !

A+ dans le désert,
Feldo

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